le tsunami néolibéral marque t-il la fin de l’Etat?

A l’heure de la mondialisation, les peuples d’Europe donnent des signes d’appauvrissement. Les systèmes sociaux sont attaqués de toute part sous le prétexte d’empêcher la faillite des États. Alors que certains soutiennent que la réforme des systèmes de redistribution qui, en réduisant la consommation et les recettes fiscales, va précipiter cette faillite, d’autres soutiennent que la réforme des systèmes de redistribution est une étape essentielle à la sortie de la crise.

Dans tous les cas, la crise économique partie des Etats-Unis a mis en évidence le fort niveau d’endettement et les déséquilibres macroéconomiques dans les pays les plus dépendants des capitaux américains, mais aussi au sein de la zone euro. La preuve de cet échec est illustrée par l’effondrement économique de la Grèce et constituée probablement comme test pour un pays soumis à des contraintes financières via les agences de notations.

Pouvait-on le prévoir ? Par exemple, quand une entreprise ou un particulier est en difficulté pour rembourser ses dettes, soit on étale ses remboursements, soit on en lui fait un cadeau, soit on lui accorde un délai supplémentaire dans le remboursement destiné à lui permettre de “se refaire”. Prétendre que la meilleure solution serait d’augmenter son taux de remboursement ou de gérer son budget à sa place en l’obligeant à opérer des coupes drastiques dans ce qui est à la base de son fonctionnement est une formule qui, pour le moment ne semble pas fonctionner. Le fait que le FMI ait pratiqué cette politique sur les pays pauvres depuis des décennies ne donne pas pour autant à ces mesures une efficacité économique réelle.

Si la néo-libéralisation du monde était efficace économiquement, la condition mondiale actuelle tendrait plutôt à ce que le chômage diminue, que les entreprises se développent, en sorte que l’ascenseur social fonctionne mieux. Or, plus nos pays se serrent la ceinture plus les finances de l’État se dégradent et plus le système économique s’enfonce dans la récession. Les pays qui ont gardé un projet social en Europe, sont ceux qui se défendent le mieux. Ainsi, cette politique économique, qui nécessite de se serrer la ceinture en cassant les services publics n’est-elle pas l’expression de l’hégémonie du pouvoir absolu de la finance sur les prérogatives de l’Etat ?

Il est nécessaire de rappeler qu’en 1973, nos représentants ont donné, aux banques privées le monopole de la création monétaire sans que nous nous en inquiétions beaucoup ? Toutefois, le tsunami néolibéral ne signifie pas forcément le recul de l’Etat. En effet, la crise économique a mis en lumière le rôle primordial de l’Etat en tant qu’acteur économique garant du système financier mondial en sauvant les banques de la déroute financière. En France, la mise en place du pacte de responsabilité et de solidarité annoncée par le président François Hollande visant à assurer la compétitivité française en relançant l’économie et l’emploi par des mesures moins contraignantes pour les entreprises, comme l’allégement du coût du travail, ou la simplification des normes et procédures. En dépit de l’expansion de la pensée néolibérale, l’Etat reste un acteur incontournable de la sphère économique. En d’autres termes, le néolibéralisme reste intimement lié et dépendant des interventions étatiques.

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