La fin de la doctrine Carter au Moyen-Orient?

Premier consommateur de pétrole au monde, avec une préoccupation fondamentale entre leur consommation intérieure et la politique étrangère, la doctrine Carter mise en place dans les années 70, au lendemain du choc pétrolier assimile l’accès aux hydrocarbures du Moyen-Orient comme étant un élément stratégique, notamment pour les questions de sécurité nationale.

Un bref rappel historique est nécessaire pour comprendre comment les Etats Unis relient dépendance énergétique et politique étrangère. Tout commence en 1974, avec l’élection de Nixon qui veut « briser » les reins de la crise énergétique en appelant les américains à mobiliser leurs propres ressources énergétiques.

En 1975 son successeur, Gerald Ford poursuit la même politique, il fait référence à la dépendance croissante des Etats-Unis à l’égard des ressources étrangères. Il appel à une réduction de la consommation et a une capacité de la production intérieure, ainsi qu’à la réduction des importations.

L’élection de Jimmy Carter en 1977 à la présidence américaine marque un tournant majeur en matière de politique étrangère. A cet égard, Jimmy Carter appel à la transition énergétique pour pallier à cette dépendance car les compagnies pétrolières américaines vont bientôt manquer de pétrole.

A cette occasion, le président Carter souhaite faire face aussi au risque d’embargo et prône le respect de l’environnement. Toutefois, il n’écarte pas l’idée pour les Etats Unis de maintenir une coopération étroite avec les pays producteurs de pétrole. L’invasion soviétique en Afghanistan déclencha la doctrine carter, dont le but est de défendre les intérêts américains dans le golfe persique.

Par conséquent, le recours à la force militaire légitime de protéger les monarchies pétrolières du golf. A cet effet, la création du CENTCOM (United States Central Command) est une force de déploiement rapide qui permet aux Etats Unis de mettre en place une puissance militaire dans la région afin de protéger ses intérêts stratégiques.

Dès lors, cette problématique est partagée par tous les présidents américains depuis les années 70 de Nixon à Obama. Cette préoccupation s’est accrue avec la montée des réseaux terroristes dans les zones d’approvisionnements énergétiques. En outre, les bouleversements géopolitiques survenus dans ces régions stratégiques conduisent les américains à revoir la part du pétrole dans le mix énergétique national  ( Aux Etats Unis, le pétrole représente 37% des besoins énergétiques, soit 19 millions de barils par jour qui représente 20% de la consommation mondiale.).

A partir des années 90, on assiste à une diversification des sources d’approvisionnements, l’OPEP n’est plus le premier fournisseur de pétrole en Amérique. Le Mexique et le Canada sont les premiers sources d’approvisionnements devant l’Arabie Saoudite. Pour pallier à cette dépendance, les Etats Unis, outre leur production de gaz et de pétrole de schiste, ont pris le contrôle des hydrocarbures du golf du Mexique.

Par voie de conséquence, dans les années à venir, les Etats-Unis n’auront plus besoin du pétrole du Moyen-Orient pour satisfaire leurs besoins énergétiques. Dans ce contexte, on comprend mieux la politique étrangère actuelle qui semble délaisser l’allié historique l’Arabie saoudite pour se tourner vers l’Iran. Par ailleurs, le rapprochement diplomatique avec Cuba est aussi en mettre en perspective avec les accords de délimitation frontalière maritime dans le golf du Mexique.

En effet, le golf du Mexique regorge de ressources pétrolières non négligeable, les principaux pays côtiers  sont: les Etats Unis, le Mexique et Cuba. On peut aisément imaginer que les Etats Unis dans la protection de leurs intérêts économiques ont tout à gagner à avoir des relations apaisées avec ses ennemis de longue date que sont l’Iran et Cuba. Deux pays qui ont connu des révolutions historiques importantes et qui ont entrainé une rupture diplomatique avec les Etats Unis.

En outre, la bascule stratégique américaine en Asie Pacifique, atteste de cette volonté de se retirer du Moyen-Orient pour contenir la montée en puissance de la Chine dans cette région. D’autant plus que des opérations militaires  longues et très couteuses, visant à provoquer des changements de régime dans cette région par le déploiement de forces militaires nombreuses, du type celles d’ Irak et d’Afghanistan ne sont plus envisagées.

Tous ces éléments mis bout à bout, laissent entrevoir un désengagement américain dans la région du Moyen-Orient, la crise syrienne, où les américains ne sont pas seulement les seuls acteurs dans la négociation, le conflit israélo-palestinien laissé au point mort depuis quelques années par Washington, et puis plus récemment, le retour en grâce de l’Iran sur la scène internationale, en dépit des contestations saoudiennes et israéliennes semble marquer la fin de la doctrine Carter dans la région. Toutefois, la future élection américaine, reste déterminante pour la poursuite ou la fin de la doctrine Carter. Affaire à suivre…

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